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Comprendre la sorcellerie des Blancs !

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Publié par La Semaine Africaine de Brazzaville, le 21 - Avril 2008

Modeste Boukadia, candidat du CDRC pour l'élection présidentielle 2009En voyage aux USA, lors du second mandat du Président William Jefferson Bill Clinton, un homme avisé me questionna : « Est-ce que Dieu vient vous rendre visite quand vous dormez ? Si oui, pourriez-vous m'expliquer pourquoi l'Afrique se déchire-t-elle avec tant de richesses dans son sous-sol ? » Quelle question, lui répondis-je tout net ? Bien sûr, bien évidemment, comme tout un chacun sans que nous le sachions, Dieu nous visite ! Quant à votre demande sur l'entre déchirement des Africains, la réponse est dans votre question ; c'est parce que le sous-sol est riche en matériaux divins utiles aux industries des non Africains que ceux-ci organisent et entretiennent sciemment la zizanie entre les Africains. Diviser pour mieux régner et dominer, c'est connu depuis toujours !

Quand les Africains cesseront de geindre sur leur passé de colonisé et d'ancien esclave, à la manière de la Thérèse du marquis de Sade, l'Afrique deviendra un partenaire incontournable, si toutefois elle transforme elle-même ces matériaux et qu'elle en rétrocède la partie dont le reste de la planète a besoin pour équilibrer les échanges !

À propos de ce passé... Cent cinquante ans, ce qui est court voire négligeable sur l'échelle de l'évolution humaine, n'ont pas modifié fondamentalement l'Afrique. Seuls les dirigeants politiques y trouvent leur compte du fait qu'une quantité presque négligeable des Africains fréquente ou a fréquenté les mêmes universités que les non Africains. Le vrai problème de l'Afrique réside dans l'ignorance pragmatique. C'est-à-dire une ignorance entretenue par une certaine élite qui se voudrait seulement intellectuelle qui n'a pas de mains pour susciter par elle-même sa propre production et son marché intérieur. Cette situation favorise cette élite à être la seule avec les « Blancs » au rendez-vous  ( cf.1 - Blancs et Noirs au rendez-vous. Editions la Colombes 1956) non pour résoudre les problèmes soulevés par René-Charbonneau-Bauchar mais au contraire pour entretenir la démocrature ( cf.2 - Le billet du grincheux du 7 novembre 2003 in Perspectives-africaines.com) qui permet de transgresser les lois.

L'enjeu majeur de l'Afrique d'aujourd'hui est de prendre conscience que sa vraie force réelle réside dans des populations formées tant aux technologies déjà connues en tout genre qu'aux Nouvelles Technologies d'Information et de Communication (NTIC), sans que celles-ci ne deviennent un nouveau moyen d'asservissement intellectuel des Africains qui oublieraient la proie pour son ombre plus intéressés à la nouveauté ludique qu'à l'efficacité créative autonome qui est l'apanage des hommes libres. Alors seulement, notre continent sera réellement un partenaire à part entière pour le reste de la planète tant des pays des mers du Nord et des Amériques voire de ces nouveaux peuples apparus en migrateurs de la Cipango des mers orientales ! Sinon, la maintenir en l'état n'est que la continuation de la colonisation et de l'esclavagisme ; c'est ni plus ni moins rentrer dans le jeu de la Cipango moderne se prenant déjà comme le Centre, avec l'Afrique pour satellite ou sa périphérie !

L'Afrique avait, mais a toujours sa sorcellerie. Elle était souvent utilisée pour les incantations pour prédire l'avenir et les évènements voire pour guérir ou nuire à autrui, ou préserver la famille de certains troubles exogènes... Bref, gardienne du seuil protégeant les royaumes, les guérisseurs et les féticheurs en étaient les érudits.

La sorcellerie des Blancs réside dans la manipulation de la monnaie, qui n'est en soi qu'un instrument royal de répartition entre tous les partenaires sociaux. Les dits grands manipulateurs de la monnaie que sont les grands sorciers des Blancs, nommés avec révérence « financiers », en ont fait un moyen extraordinaire d'assujettissement de tous les Peuples et de perversion de toutes les élites locales à travers sa circulation dans le monde entier sans qu'on sache qui est son Créateur !

Comprendre les mécanismes de ladite haute finance, et le fonctionnement de la monnaie, c'est se parer des mêmes habits et manières de faire que les Européens pour participer au même dîner voire festin où l'on parle Économie, Croissance et Développement durable. Dîner à la même table implique de dire que chacun des convives connaisse les règles du jeu comme au poker ! Dans ce dessein, il n'est pas inutile de rappeler succinctement quelques notions afin que chacun sache à quel moment il doit se prononcer pour faire les annonces ou laisser passer son tour...

Voici quelques annonces. Où nous mène la mondialisation apatride qui est tout sauf le libre-échange, lequel suppose la réciprocité pour qu'un équilibre existe ? Quelle politique économico-monétaire globale à mettre en œuvre au niveau des Banques Centrales, prises ensemble comme créateur des moyens de répartition, dès lors que le revenu des assujettis pour ne pas dire salariés ne répond plus pour assurer la répartition d'une consommation bloquée par la distorsion des revenus ? Cette situation, qui actualise la prémonition de Keynes de 1936, serait-elle le prélude de la fin d'un cycle ?

L'effondrement des bourses, qui ne sont pas de l'économie en soi, mais qui ont une influence sur l'économie en tant que dispositif technique de la création des biens matériels et des services consommables et consomptibles, procède d'un fait inéluctable : on ne peut conserver éternellement les revenus non dépensés sans déséquilibrer le système de répartition au moyen de la technique monétaire. Les bourses, en tant que moyens de répartition permettant les échanges entre producteurs et consommateurs, ne devraient-elles pas cesser d'être un moyen de prédation ?

Le candidat du CDRC, Modeste Boukadia, avec un vannier de MakanaL' «injection » massive de masse monétaire nouvellement créée participe de la « planche à billet » si décriée en son temps. Pour atténuer les effets d'une titrisation abusive qui provoque un endettement généralisé, plusieurs milliards d'euros et de dollars ont été émis virtuellement par les principales Banques Centrales par effet électronique sans qu'ils soient la contrepartie d'une production effective. La titrisation arbitraire à la hausse des biens immobiliers voire mobiliers, les difficultés des sociétés des crédits immobiliers, la contagion de cette crise financière au secteur du crédit bancaire pour les ménages, et la baisse de la consommation vont-elles déboucher sur un krach mondial, ce d'autant que le prix du brut pourrait emboîter le pas pour atteindre ou dépasser les 120 USD/baril ? Pour conjurer une crise à grande échelle, la solution à envisager pourrait être de doubler le prix des énergies et des matières premières en provenance de l'Afrique pour tenter de maintenir constant le pouvoir d'achat d'une certaine catégorie de décideurs voire d'investisseurs qui tirent leurs revenus de ces secteurs d'activité. Ce faisant, cela diminuera par ailleurs la consommation des autres par un effet de transfert ! Que peut-on tirer comme conséquence ? À l'origine, un abus de titrisation qui finit par engendrer une crise financière planétaire dont la nécessité inéluctable à terme est la réinitialisation du système !

Cette « injection » d'une quantité aussi importante de masse monétaire nouvelle qui remet au goût du jour l'utilité de la planche à billet classique, rappelle le cas en Afrique où, depuis plus d'une trentaine d'années, il a été injecté près de 2550 milliards de dollars USD qui correspondent au montant de la dette totale des pays en développement. On sait que depuis les années 1970, pas moins de 282 milliards d'euros  - 400 milliards de dollars (cf.3 - Rapport de la CNUCED « Le Développement économique en Afrique Rapport de la CNUCED « Le Développement économique en Afrique » cité par France-Soir 28/09/2007 n°19604) ont quitté au noir la terre des Noirs. Autrement dit pour perdurer, le système bancaire, pris comme un Tout, accorde des crédits à des insolvables. Quelle en est la finalité car c'est contraire aux législations ? Le seul point positif qui peut être retenu, c'est que cette situation met en doute la solvabilité du système en général. Cela pourrait même mettre en évidence que la monnaie actuelle n'est qu'une monnaie générée à tout moment par les touches des claviers d'ordinateurs. Cette monnaie dite de clavier n'est que virtuelle lorsqu'elle est émise en excès par suite d'abus de titrisation immobilière et en conséquence elle ne saurait être assimilée à de la richesse !

Quoiqu'on dise, les « liquidités financières » nouvellement injectées par les Banques Centrales, pour empêcher l'effondrement de certains cours boursiers, ne sont qu'une nouvelle masse monétaire mise en service puisque ce sont les Institutionnels qui se sont portés acquéreurs à la baisse de toutes ces actions. Cette première mise en service de toute la monnaie nouvelle par les Banques Centrales ne fait que transformer la virtualité de la valeur des titres boursiers en moyens de paiement sonnants et trébuchants bien réels. Cet accroissement de monnaie nouvelle ne provient pas de l'économie, mais s'assimile à un "racket" voire une "prédation" qui ne résulte pas d'une action d'ordre économique. Cette monnaie nouvelle émise ne contribue en rien aux stratégies entrepreneuriales car les bénéficiaires de cette manne ne sont pas potentiellement des consommateurs.

La situation entretenue au Darfour par une puissance nucléaire, l'instabilité permanente "protégée" en Afrique centrale, les tensions orchestrées au Moyen-Orient, la guerre contre le « terrorisme » pour ne pas dire contre les "autres cultures" non chrétiennes, la stigmatisation des politiques populistes et intégristes, tous ces faits sont-ils annonciateurs de dangers majeurs imminents ? Pour répondre aux difficultés économiques et sociales, la sorcellerie des Blancs utilise la guerre comme remède. Pour cela, il lui faut un détonateur conséquent. Ce fut le cas des deux dernières grandes guerres dont les causes ne sont pas si éloignées de celles d'aujourd'hui. Hier, l'Allemagne. Aujourd'hui, à défaut de la Chine Populaire, et ce malgré la brutalité de son arrogance conférée par son contrôle d'une grande partie des économies occidentales par la détention d'une importante quantité de masse monétaire libellée en dollar USD, le choix semble se porter sur l'Iran... Est-ce pour réintégrer l'usage de la force dans ses missions originelles (cf .4 - L'utilité de la force, General Sir Rupert Smith. Éditions Economica, 2007) afin de justifier les crédits exorbitants à l'industrie d'armement, et réinitialiser ainsi le système ?

C'est dans ce contexte inquiétant que « les bourses mondiales mettent tous leurs espoirs dans la FED » pour l'inciter à changer sa politique monétaire ordinaire qui se réduit en définitive à proposer la baisse des taux d'intérêt sinon « ce serait un bain de sang »,  [5. La Tribune, 17 septembre 2007 - N° 3749]prédisent les analystes de la sorcellerie des Blancs.

Mais en soi, seriner à longueur de journées sur les ondes que la solution-miracle relève de la baisse des taux directeurs des Banques Centrales est suranné si l'on ne prend pas en compte le volume global du crédit en cours car ; comme tout Bon Père de famille le sait, sur l'exercice en cours, c'est le poids du passé qui obère, et non le crédit nouvellement consenti qui n'obérera que la consommation des exercices futurs.

Est-ce à dire que les secteurs économiques de l'armement en tout genre ont un besoin urgent de chiffres d'affaire pour assurer leurs revenus ? Et comme leurs clients ne sont que des Etats, il leur faut manipuler ceux-ci pour que la facture soit payée par les contribuables au nom d'une insécurité publique organisée ! L'Afrique est le terrain de prédilection favori. Faut-il détruire sciemment ce qui a été fait pour reconstruire sans fin ? Ne peut-on pas concevoir un développement durable d'une humanité enfin humanisée ?

Modeste Boukadia avec un pêcheur du fleuve CongoDans le contexte quadripartite virtuel actuel (Amériques, Europe, Asie, Afrique), il devient urgent que chacun cesse de se dérober de ses responsabilités pour éviter la conflagration généralisée de ces géants. Aussi, est-il logique que le maintien en vie des économies intérieures dites développées se fasse sur la nécessité d'exportation à tout va vers des pays quasi insolvables ? N'y a-t-il pas là de la part des géants développés un certain angélisme utopique pour ne pas dire un cynisme sans foi ni loi ? Le développement, l'Afrique est bien placée pour le savoir, commence chez soi et consiste à ne pas détruire les marchés intérieurs des pays déjà développés. Le développement, ce n'est pas étendre la paupérisation, mais d'éradiquer celle des autres ! La solution globale se trouve sur la valeur ajoutée à apporter à l'Afrique pour qu'elle ne participe pas d'un pré-carré de quiconque. L'Europe et les USA, en réorganisant leurs relations avec l'Afrique en partenariat efficace équilibré, seront mieux à même de contribuer à notre marché intérieur sachant qu'ils sont « créateurs » et « garants » de la masse monétaire circulant sur la planète et que les autres pays ne font qu'utiliser temporairement la monnaie des autres pour faire fonctionner leur économie. Il ne reste plus qu'aux politiques européens et surtout français de sortir des sentiers de la Françafrique pour construire ces partenariats avec les démocrates africains afin d'amorcer une nouvelle mondialisation qui tienne compte des enjeux majeurs de la planète en préservant les différences, sans subir l'hégémonie d'un génome quel qu'il soit !

Modeste BOUKADIA, président du CDRC, Cercle des Démocrates et Républicains du Congo.

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Commentaires

avatar Krish
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C'est un éclairage très intéressant sur la macro économie...
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