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Femmes, Jeunes et Anciens sont le centre de ma préoccupation ! Aux Minorités qui forment une Majorité ! |
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Article publié à Brazzaville dans "Le réveil des Consciences", édition N° 16 du Mercredi 23 juillet 2008 Face à la crise financière internationale engendrée entre autres par la hausse record du prix du baril de pétrole qui secoue le monde, le sommet du G8, ce « Club » des plus gros consommateurs de pétrole, auquel sont conviés la Chine, l'Inde et la Corée du Sud, qui se tient en ce moment au Japon, tente de trouver des solutions face à la montée des prix du pétrole, du charbon ou du gaz naturel, qui menace la croissance économique mondiale. A l'échelle planétaire, le monde politique recherche une pensée vraiment nouvelle. Aux USA, le choix des démocrates américains en la personne de Barack Obama est significatif ; et de même pour la France avec l'élection de Nicolas Sarkozy. Dans le cadre de cette Autre Politique que le CDRC propose et veut initier au Congo, je m'adresse pour cette raison d'abord aux Femmes, aux Mamans de notre pays dont leurs sempiternelles préoccupations pragmatiques sont : « Quel sera notre avenir et celui de nos enfants ? Comment allons-nous vivre et surtout de quoi va-t-on vivre ? Quel enseignement, quelle scolarité, quelle formation choisir ? Quel système de santé pour tous ? » Toutes ces interrogations sont naturelles pour toutes les mères de famille qui ont porté leurs enfants durant leurs grossesses, en les protégeant pendant neuf mois et qui souhaitent pour eux une meilleure vie. Si procréer avec une assistance médicalisée est une étape physiologique dans la vie des femmes, pour nombre de nos mamans, cette période de joie et d'émotions se couvre souvent de douleurs et parfois de tristesse et de pleurs. Aujourd'hui, dans nombre de pays d'Afrique, et au Congo-Brazzaville en particulier, seules face aux souffrances des multiples accouchements dans la douleur, sans péridurale, succède l'angoisse de voir ses enfants sans avenir devenir la proie des politiques de prédation caractérisées par les viols et la perversion des jeunes qui n'ont pas eu la joie de vivre leur enfance. Peut-on encore accepter longtemps de constater la dégradation de l'avenir de notre progéniture dans un pays qui occupe le deuxième rang de producteur de pétrole en Afrique centrale ? Je ne le pense pas. Car si nos enfants ne se projettent plus dans l'avenir, c'est essentiellement le résultat des errements économiques et de l'égoïsme politique des dirigeants actuels. En corrigeant cela, nos enfants retrouveront la liberté du choix de leur mode de vie. C'est pourquoi, nous nous tournons vers vous, les Mamans, pour changer tout cela. Quelles sont les causes des errements économiques dans notre pays? A première vue, c'est la confusion au niveau de la source. C'est-à -dire de ce que les meilleurs et les plus qualifiés de notre Peuple doivent disposer pour créer les entreprises et les sociétés afin que chacun des citoyens de notre pays soit nécessaire et indispensable les uns aux autres dans le cadre de notre marché intérieur à créer, en se rémunérant réciproquement. Le PCT s'est toujours complu, et se complait encore, à faire croire à nos enfants que l'argent des autres est le signe de la richesse, ce qui est fondamentalement faux et un leurre ! L'argent, comme je l'ai déjà dit à maintes reprises, n'est qu'un instrument d'échange, de répartition ou d'acquisition des moyens de production nécessaires pour mettre en valeur notre patrimoine national. De plus, ce parti communiste, soi-disant marxiste dont l'échec patent a perverti les repères de notre jeunesse, lui fait miroiter, comme symbole d'une réussite virtuelle et artificielle ne devant rien à la valeur personnelle, le convoyage de ses partisans arborant fièrement des montres dans des tracteurs de ville nommés 4X4 : voilà le nec plus ultra de l'intelligentsia se retrouvant au sein de ce R.M.P. en tant que « Rassemblement des Mêmes Privilégiés » qui ne travaille jamais ! Curieuse façon d'appliquer les théories de Marx à l'opposé de ce qu'il proposait ! Je dis, et je confirme haut et fort, que le snobisme Rolo-4X4, dans un pays où les gens sont toujours en retard au rendez-vous, n'apporte rien à l'instauration du marché intérieur. Elle ne favorise que le fonctionnement des pays dont le marché intérieur est déjà développé. Cette culture clinquante s'assimile à la verroterie et à la quincaillerie que l'on déposait sur nos rivages. Elle est pire que la colonisation car elle oblige notre jeunesse à se prostituer pour accéder à l'illusion de la facilité et du faux-semblant dont l'ultime vanité est d'écraser l'autre sans jamais rien produire par soi-même. L'Afrique est riche. Le Congo possède de nombreux trésors, dont ses jeunes pétris de rêves et nos « Anciens », mais trop souvent oubliés voire écartés. En réalité, la vraie richesse en biens est le résultat de l'accumulation, provenant du marché intérieur de chaque pays. Les biens matériels produits sont répartis entre les habitants de ce pays à partir d'une monnaie locale qui permet les échanges intérieurs et non extérieurs lesquels se font toujours en devises étrangères. La monnaie dont on dispose n'est pas le signe d'une véritable richesse. C'est une fausse idée dont les conséquences se font voir à travers le monde avec toutes les guerres qui sont le résultat de cette confusion. Les guerres ont toujours eu pour objectif la conquête des avoirs, en tout genre, des autres. C'est en quelque sorte le recouvrement manu militari des dettes par les huissiers à l'échelon international entre les puissants de la Terre. C'est le cas de la dernière guerre du Congo. Son origine remonte tout simplement au recouvrement d'une créance de 150 millions de dollars que le président Lissouba avait demandés en avance au nom de l'Etat à Elf, à valoir sur la redevance pétrolière à venir, et que Elf lui refusa. Sur quoi naturellement le président Lissouba s'étant tourné vers Oxy, celle-ci le lui accorda sur le champ en échange d'un baril à 3 dollars au lieu de 14. La Banque Mondiale et le FMI, étant déjà créanciers du Congo, imposèrent à Elf de reprendre à son compte cette créance majorée des intérêts au niveau de 210 millions de dollars. De ce fait, Elf, mécontent de ce nouvel intrus sur son pré carré, imposa la destitution du président Lissouba, et son remplacement par le président actuel. Qu'on s'entende bien : la monnaie est toujours indispensable ; autrement dit, nous devons avoir une vraie politique des revenus pour permettre à chaque Congolaise et à chaque Congolais de satisfaire ses besoins quotidiens à partir de notre économie locale, que nous appelons le marché intérieur, fonctionnant de manière autonome. Voilà pourquoi je m'adresse à vous les femmes du Congo, les Mamans qui avez la charge de l'éducation, et de l'avenir du pays, de faire de nos jeunes de vrais citoyens capables et responsables afin que le Congo redevienne un phare en Afrique et qu'enfin pour que nos enfants retrouvent leurs jeux, le sourire et les rires comme au temps de « Brazza-la-Verte, Ponton-la-Belle, La Likouala-aux-Herbes, etc. ». Ce temps a été façonné par le Président Fulbert Youlou et du vice-président Jacques Opangault quand ils oeuvraient main dans la main pour la stabilité et le rayonnement de notre pays tout entier. Je m'adresse aussi à vous les « Anciens », vous qui avez participé à la construction de cet édifice qui fut la 1ère République du Congo. Vous, « nos bibliothèques », la mémoire du pays, ne vous asseyez plus uniquement pour raconter vos souvenirs lors des veillées. Venez nous aider à remettre le train de la vie sur les rails de la réussite. Je m'adresse enfin à vous la Jeunesse de notre Pays, l'espoir de nos lendemains, la charnière des générations futures, vous qui êtes l'éternité pour nos Mânes. Ce message pour vous assurer un présent digne de ce nom. A vous d'assurer la suite. Enfin, je m'adresse à vous tous pour proposer la politique sociale qui m'est chère, la couverture sociale généralisée (CSG) qui comprend la santé, l'éducation, la retraite, la dépendance qui concerne entre autres les handicapés, les Anciens, et les autres infortunes qui peuvent accabler chacun de nous tous. D'ailleurs, c'est un thème d'actualité puisqu'il est aussi proposé par le parti démocrate américain. Voilà pourquoi je m'adresse encore à vous les Anciens, pour que vous me fassiez part de vos réflexions sur mes propositions et que vous les diffusiez à vos égaux avec égard. Notre tradition orale vous consacre une place privilégiée. Je serais heureux de pouvoir prolonger ce temps plus tard. En réalisant la CSG d'abord chez nous, il va sans dire qu'elle pourra être étendue à l'ensemble de la communauté internationale pour éviter les situations de dumping social. Tout cela n'est pas une utopie voire une vue de l'esprit car notre pays est placé sur des circuits économiques du fait de ses ressources naturelles que nous devons échanger contre les moyens techniques qui nous seront fournis par nos clients que sont les pays extérieurs, dont les pays occidentaux voire la Chine et bien d'autres. Dans cette perspective, toute la monnaie thésaurisée par les nationaux congolais dans les banques off shore nous est pour l'instant inutile puisqu'elle ne participe pas de notre développement interne. Cette monnaie qui dort (mais dort-elle vraiment ?) n'apporte rien à ses détenteurs sur le plan national. Bien au contraire, sur ce plan, ils sont toujours aussi pauvres puisqu'ils sont obligés de chercher des valises de devises pour faire leurs emplettes ailleurs et en vivre, du fait du manque d'investissement dans notre pays où les propriétaires pourraient être créateurs de biens matériels et participeraient de cette façon à la création du marché intérieur et des revenus afférents. On peut se poser la question primordiale sur les détournements de fonds : avons-nous réellement besoin de faire revenir ces masses monétaires thésaurisées ailleurs à partir du moment où l'on continue à vendre nos ressources naturelles en les échangeant contre les devises du marché international ? Là est toute la question. Ne pas oublier que tous ces dépôts off shore sont déjà dépensés par les Banques ! Notre politique n'est pas opposée aux investissements extérieurs sous réserve qu'il ne s'agisse pas de blanchir des capitaux mal acquis. Notre politique consiste à établir de vraies relations commerciales et entrepreneuriales avec nos partenaires qui en seront aussi les bénéficiaires car les machines-outils indispensables au lancement de notre marché intérieur seront fournies par eux. La solvabilité de nos acquisitions sera les devises issues essentiellement de l'exportation de nos ressources naturelles. En clair, les devises (à savoir les monnaies étrangères) issues de nos exportations ne peuvent être dépensées chez nous (à l'interne), mais toujours à l'externe dans les transactions d'achat de tout ce que vous, les mamans, aurez besoin pour relancer notre économie. L'Etat congolais sera le garant des échanges commerciaux entre les partenaires congolais et les pays fournisseurs dès lors que l'essentiel est la création de notre marché intérieur. Tout ne doit pas se faire de manière hétéroclite : bien au contraire cela doit obéir à un plan directeur pour que tout s'enchaîne de manière agréable. Prenez le cas de notre chemin de fer, le CFCO, un patrimoine national dont on sait qu'il fut le plus grand chantier jamais connu au monde où il fallait briser la roche au marteau. De nombreux Congolais du nord comme du sud, et tant d'hommes de différentes nationalités, y perdirent leurs vies pour sa construction. Unis dans le passé pour la construction des chantiers difficiles, je reste persuadé que si, vous les femmes, vous les mamans du Congo, vous qui avez en commun le privilège de nous porter pendant neuf mois pour nous donner la vie, ce que nous les hommes n'auront jamais, si vous nous montrez la voie de l'unité et de la réconciliation pour l'avenir de tous nos enfants, les Congolais le seront aussi pour les chantiers à venir que je vous propose. Jadis, c'était sous la contrainte. Aujourd'hui et demain, ce doit être sans contrainte mais par Amour de notre pays ! Maintenant que faire du C.F.C.O., ce patrimoine national ? Faut-il le laisser en l'état ou le réhabiliter ? Dans une vision à long terme, moyennant modernisation et doublement de la voie, il est le premier tronçon de Pointe-Noire à Brazzaville. Il reliera plus tard le nord du pays. Et pourquoi pas, désenclavant notre voisin le Tchad, nonobstant le raccordement ferroviaire de Brazzaville à Kigali via Kinshasa comme un axe majeur, relier l'océan Atlantique à l'océan Indien et permettre ainsi l'accès à la Haute-Mer ? Voilà les enjeux auxquels notre pays peut et doit prétendre : relier le Congo, la RDC, le Rwanda et toute l'Afrique de l'Est pour accéder à l'Asie ! Nous avons les moyens de cette ambition. Le port de Pointe-Noire, par sa position stratégique, est un de nos atouts en tant que porte d'accès au monde extérieur et à la plaine sous marine d'une importance capitale pour la géostratégie de la sous-région équatoriale. Sans parler des futures ressources pétrolières qui dépassent de très loin les nappes de N'Kossa. Bref, merci à Vous, Femmes et Mamans du Congo, vous les Anciens et vous les Jeunes et à qui je viens de m'ouvrir franchement. Et je vous dis encore solennellement que vous avez l'avenir de notre pays entre vos mains ! Je vous mets en garde contre le PCT au bilan indéfendable et qui ne manquera pas le moment venu des élections de vous séduire en vous distribuant des sacs de riz, des pagnes, des tee-shirts, du poisson fumé et salé, sans oublier des promesses qu'il n'a jamais tenues. Mais vous avez la sagesse et le discernement pour y échapper ! L'enfant du Pays, Modeste BOUKADIA Président du CDRC. |
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