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Intégration : La Cemac et la Ceeac vont-elles fusionner ? |
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Le comité de pilotage sur la rationalisation des deux communautés économiques d’Afrique y réfléchit à Yaoundé. Paru le 6 juillet dans le Quotidien mutation. Depuis belle lurette, deux communautés économiques se côtoient en Afrique centrale. D’un côté, se trouve la Communauté économiques des Etats de l’Afrique centrale (Ceeac), qui compte 10 Etats membres. De l’autre côté, l’on a la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), qui compte six Etats-membres (le Cameroun, le Tchad, la République centrafricaine, le Congo, le Gabon et la Guinée Equatoriale) par ailleurs tous membres de la Ceeac. Pourtant, dans une résolution prise lors de leur conférence tenue en mars 2006 à Ouagadougou au Burkina Faso, les ministres africains de l’Intégration confessent que la multiplicité des communautés économiques doublée de l’appartenance des certains Etats à plus d’une communauté constitue un véritable handicap pour au développement du continent noir. La conférence des chefs d’Etats et de gouvernements de la Ceeac de Brazzaville en octobre 2007 entérine ce constat, en indiquant dans son communiqué final que «l’existence dans l’espace Afrique centrale de plusieurs institutions d’intégration régionale, notamment la Ceeac et la Cemac, qui poursuivent les mêmes objectifs, entraînant ainsi des chevauchements des actions, la duplication des efforts, notamment financiers». C’est à la suite de cette observation qu’au terme de la même conférence, les présidents en exercice de la Cemac et de la Ceeac ont été invités «à mettre en place conjointement, un comité de pilotage comprenant notamment l’Union africaine, la Communauté économique africaine et la Banque africaine de développement, en vue de l’élaboration d’une feuille de route définissant les actions d’harmonisation des politiques, des programmes et instruments d’intégration des deux communautés, pour aboutir à terme à une seule communauté économique régionale dans la région Afrique centrale». Trois ans après cette recommandation de la conférence des chefs d’Etats et de gouvernements de la Ceeac de Brazzaville, ledit comité de pilotage que préside le Cameroun a tenu ses premières assises hier lundi, 5 juillet 2010 à Yaoundé. Au cours de ces travaux, les discussions entre ministres et autres experts ont permis de constater des appréhensions de quelques uns à voir fusionner la Ceeac et la Cemac, au profit d’un seul regroupement sous régional plus fort. Ces appréhensions sont d’ailleurs clairement apparues dans l’allocution prononcée par Dieudonné Bondoma Yokono, le directeur général de l’Economie et de la Programmation des Investissements publics au ministère camerounais de l’Economie. C’était le 1er juillet dernier, à l’ouverture des travaux des experts qui ont précédé la réunion du comité de pilotage de la rationalisation des communautés économique en Afrique centrale. «L’Afrique centrale est face à son destin et se doit d’agir ; il est donc urgent de nous départir de nos égoïsmes traditionnels, de taire nos tergiversations pour donner la chance aux futures générations de vivre dans une Afrique centrale unie, calme et prospère. Et c’est avec un esprit de dépassement de soi que les fils de l’Afrique centrale doivent œuvrer, si nous ne voulons pas rester à la traîne», a déclaré M. Bondoma Yokono a ses pairs de la Cemac et de la Ceeac. Mais cette invitation à taire les égoïsmes nationaux qui ont fait leur lit en Afrique centrale peut-elle prospérer dans une sous région, a commenté un observateur hier en marge des travaux, où l’intérêt communautaire est généralement sacrifié sur l’autel des considérations nationalistes (la libre circulation des hommes et des biens par exemple)? Où les responsables communautaires sont plus préoccupés par leur strapontin et les retombées incidentes (la fusion Ceeac-Cemac va diminuer le nombre de postes à pourvoir) que par l’efficacité des missions à eux confiées sur le développement de la communauté? Pourtant, comme le faisait remarquer un autre observateur hier dans le hall de l’hôtel Hilton, «c’est une simple question de bon sens. Avec la Ceeac qui compte en son sein des Etats comme la Rdc, le Burundi et l’Angola, en plus les Etats de la Cemac qui sont presque tous voisins du Nigeria, les pays d’Afrique centrale ont à leur portée un marché à conquérir, qui est presque l’équivalent de l’Union européenne». Brice R. Mbodiam Sur l'intégration africaine, lire aussi:L'Afrique, L'oubliée de la Reconfiguration du Village |
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