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Modeste Boukadia refuse de cautionner un Coup d'Etat constitutionnel au Congo

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Paru dans Grand Debat, Edition n' 015 du 10 au 18 Juillet 2009. Téléchargement.

Les congolais de Brazzaville sont inquiétés de [la] manière dont les élections seront organisées dans leur pays.

Le ministre de l’Administration du territoire, Raymond Mboulou avait confirmé à Brazzaville, que l’élection présidentielle aura certainement lieu le dimanche 12 juillet pendant que de nombreux observateurs révèlent beaucoup d'irrégularités dans ce processus. C'est de la même façon que le président du Cercle des Democrates et Republicains du Congo –Brazzaville (CDRC), Modeste Boukadia a éclairé l’opinion sur la question de légalité du gouvernement Sassou qui n'a plus l’habilité d'organiser les élections. Cela d'autant plus que c'est depuis le mois de mars dernier que le mandat du Président Denis Sassou Nguesso avait pris fin [Jeune Afrique]. Selon le leader du CDRC qui comptait se présenter comme indépendant, par rapport à cette situation, il va falloir des procédures palliatives afin d'amener le pays aux élections fiables et transparentes. Lesquelles procédures devraient mettre sur pied un gouvernement d'union nationale ou de transition. Cependant cela n'a pas été fait. Voila pourquoi Modeste Boukadia se retire de ces élections présidentielles pour ne pas cautionner un coup d'Etat constitutionnel.

On se souvient qu'au cours d’un point de presse à son domicile de Brazzaville, Modeste Boukadia a exprimé sa désapprobation suite à l’annonce par le président sortant de sa candidature.

Raymond Mboulou a rejeté la demande de report du scrutin formulée lundi par cinq candidats de l'opposition, dont Mathias Dzon, principal challenger du président sortant Denis Sassou Nguesso. Ils affirment que le fichier électoral comporte de graves anomalies, ils ont du reste collecté un certain nombre de cartes d'électeurs non valables. Le ministre affirme, lui, que « tout est fin prêt » pour aller à l’élection. Dans la capitale congolaise, les habitants sont pourtant inquiets et redoutent des violences. Ils sont nombreux a quitter la ville. « Je croyais que, quand je proposais au président de la République de sortir par la grande porte, il m avait écouté. Hélas. en se déclarant candidat, il a mis tout le monde devant le fait accompli (...) Sa mission aujourd'hui n'est plus de présider aux destinées du Congo, mais de conduire notre pays vers une nouvelle République », a dit Boukadia à la presse. Selon ce dernier Denis Sassou ne veut pas créer un climat de vie de vie démocratique en République du Congo et réduit la république dans un système purement paroissiale dont l’opinion des autres n’a pas de place au pays.

Ce processus actuel pour les élections est entaché, insiste-t-il, au regard même des membres qui animent le Conseil Constitutionnel à qui les candidatures doivent être examinées. « Il y a des juges qui siègent au Conseil constitutionnel qui n'ont plus de raison d'y être, leur mandat étant expiré. Donc les trois médecins choisis par ce Conseil ne sont pas habilités à examiner les candidats (...) Tant que le Conseil constitutionnel n'aura pas été validé par un nouveau gouvernement, je ne déposerai pas ma candidature. Parce que je ne voudrais pas être ridicule », a-t-il déclaré.

En effet, depuis quelques mois, Modeste Boukadia explique sa conception du renouvellement du mandat présidentiel au Congo [Video de M. Boukadia]. Quant a lui, la seule voie possible pour que le président de la République soit crédible consisterait à mettre en place un gouvernement « d'union nationale », qu'il désigne parfois comme «un gouvernement provisoire de la République formé par un Premier ministre, chef de gouvernement et chef suprême des armées », à qui il reviendrait d'organiser les élections.

Il a, par ailleurs, évoqué d'autres facteurs à l’origine de sa non-participation au scrutin, notamment « les cartes nationales d'identité et les cartes d'électeur n'ont pas été mises à la disposition des électeurs dans tout le pays et des Congolais d'origine. En conséquence, les listes électorales ne reflètent pas la réalité de l’électorat ». Lorsqu'on est au pouvoir, il faudrait aussi travailler une meilleure paix mettant en accord toutes les parties prises dans l’arène tant politique qu'économique du pays, démontre Boukadia. « La paix, a-t-il réitéré passe par la mise en place d'un gouvernement d'union nationale qui mettra en place les structures nécessaires pour l’organisation d'une élection présidentielle transparente. Celui-ci devrait également organiser le dialogue entre les acteurs politiques nationaux sans discrimination, car le gouvernement actuel est devenu caduc ».

De manière concrète, Boukadia donne sa position en ces termes : « Je suggère la prise de deux décrets par le président de la République en vue de concrétiser cette volonté », a-t-il réitéré. L'un de ces décrets devrait consacrer la création du poste de Premier ministre chef du gouvernement dans la constitution congolaise, alors que l’autre devrait nommer le fameux gouvernement d'union nationale.

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